Rossel cible la Côte d’azur

Presse Négociations avec Hersant

Après avoir tenté de racheter l’année dernière Le Parisien puis, il y a quelques mois, le groupe de presse régionale Centre France – La Montagne (Clermont-Ferrand), Rossel repart à l’attaque sur le marché français. L’éditeur du Soir et de Sudpresse a annoncé ce mardi être entré en négociations exclusives avec le groupe de presse régionale Groupe Hersant Média (GHM). L’objectif est de fusionner au sein d’une même société détenue à 50/50 les activités régionales françaises de Rossel (La Voix du nord et le Courrier Picard) avec le pôle Provence-Alpes-Côte d’Azur (Var Matin, Corse Matin, Nice Matin, La Provence…) et Champagne-Ardennes (L’Union, L’Est éclair…) de GHM.

La filiale de presse gratuite de GMH, Comareg, au bord du dépôt de bilan, est exclue de l’accord ainsi que les journaux d’outre-mer (France-Antilles) et le titre Paris Normandie. Ce dernier pourrait néanmoins être apporté à la structure par la suite si une solution est trouvée à ses problèmes de viabilité.

Si cette opération entre GHM et Rossel venait à se concrétiser, elle donnerait naissance au numéro trois de la presse régionale française avec près de 900.000 exemplaires vendus quotidiennement, plus de 500 millions de chiffres d’affaires annuel et 800 journalistes.

L’opération ne pourra néanmoins se réaliser que si les banques créancières de GHM donnent leur aval. La santé financière de ce groupe est en effet complètement plombée par un endettement de 220 millions d’euros (un tiers du chiffre d’affaires). Le groupe a acheté au pire moment – c’est-à-dire juste avant la crise de 2008 – les journaux du sud de la France et Comareg. Le retournement du marché publicitaire qui a suivi la crise et la fuite des petites annonces sur internet ont placé GHM dans d’importantes difficultés financières.

Endettement problématique

Même si Comareg est exclu du deal avec Rossel, ce dernier refuse de fonder une co-entreprise avec un partenaire qui serait à ce point endetté et qui, inévitablement, capterait l’intégralité des dividendes pour rembourser ses créanciers. Une des clauses suspensives à l’accord de fusion est donc que les banques abandonnent une partie de leurs créances. On parle d’un montant de 100 millions d’euros (sur 220). La nouvelle structure à fonder prendrait quant à elle à sa charge 50 millions d’euros de dette. La décision des banques sur ce montage est attendue pour le 10 novembre prochain. Si leur réponse est positive, la transaction pourrait être conclue pour la fin de l’année. A noter que pour atteindre un équilibre de 50/50 entre les deux partenaires dans la société, Rossel ne versera pas la totalité de la Voix du Nord mais seulement 60 % des actions.

« La consolidation de la presse régionale française est inévitable, estime Bernard Marchant, administrateur-délégué de Rossel. Soit on en est acteur, soit on la subit. Nous avons choisi la première option ». Selon lui, les synergies entre les deux sociétés ne seront pas d’ordre industriel. « Les deux pôles que le groupe possédera – un au nord de la France et un au sud – auront chacun une taille critique suffisante. Ces synergies se situeront plutôt au niveau de l’informatique et des outils numériques » (sites, logiciels…) à mettre en place pour accélérer l’adaptation des titres au nouvel environnement des médias.

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
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