Sénégal Le président Wade largement battu

C’était la fête dimanche soir dans le camp de Macky Sall. © ISSOUF SANOGO/AFP.

Un deuxième tour paisible, et surtout un président sortant, Abdoulaye Wade, qui a reconnu sans tarder sa défaite, félicitant dès dimanche soir par téléphone le vainqueur de cette présidentielle, son ancien Premier ministre Macky Sall. Un rêve… salué par tous les partenaires du Sénégal.

« Grâce à l’attitude démontrée par ses citoyens et ses autorités, aujourd’hui, c’est une grande victoire pour la démocratie, au Sénégal et en Afrique plus généralement », a souligné la responsable de la diplomatie européenne Catherine Ashton. Au vu des violences qui avaient précédé le premier tour et de la détermination de Wade à rester au pouvoir, beaucoup avaient craint une explosion de violence et /ou une élection manipulée. Il n’en a finalement rien été.

Puisque le Sénégal est resté sur les rails de la démocratie, le futur chef de l’Etat, Macky Sall, qui sera au pouvoir dès le 1er avril prochain, pourra se mettre immédiatement au travail. Mais s’il a récolté une large victoire – en l’attente des résultats officiels, beaucoup estiment qu’il a eu entre 60 et 70 % des voix – les espoirs placés en lui sont immenses. De nombreux Sénégalais se souviennent de leur joie lors de la première élection de Wade en 2000 : il était alors l’homme du changement, avant de les décevoir. Ils espèrent qu’il n’en sera pas de même cette fois-ci…

Beaucoup de Sénégalais sont heureux de cette victoire mais « fatigués ». Fatigués de la pauvreté, qui touche une majorité d’entre eux, las du chômage des jeunes, même quand ils sont diplômés, épuisés par la faim. Dans un entretien accordé à l’AFP à la veille de l’élection, M.Sall avait indiqué avoir plusieurs urgences dont « la situation dramatique des finances publiques » et « le règlement de la situation alimentaire préoccupante de plus de 800.000 Sénégalais » menacés de famine dans le nord du pays, frappé par la sécheresse qui touche tout le Sahel.

Alors que Wade avait fait des dépenses de prestige, Sall veut baisser les prix des aliments, alléger le fonctionnement de l’Etat et diviser par deux le nombre de ministres, qui sont 40 aujourd’hui.

Ce ne sera pas facile : il a bénéficié du soutien des 12 autres candidats qui avaient été éliminés après le premier tour. Une vaste coalition, mais extrêmement disparate.

KIESEL,VERONIQUE
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