Lindsey De Grande, le kilomètre de l’espoir

Lindsey De Grande a retrouvé le chemin de la piste. Et de la victoire. Photo Belga.

C’est, pour elle, une bataille de tous les jours, voire de tous les instants. Un combat contre cette leucémie chronique qui s’est installée dans son corps à l’été 2011. « Keep trying, keep reaching, keep dreaming », a écrit, ce week-end, sur son blog, Lindsey De Grande. Alors, comme elle le dit, la meilleure coureuse de demi-fond belge essaie, tend vers des objectifs improbables, et veut continuer à rêver.

Ce samedi, elle a surpris tout le monde en s’alignant au départ d’un 1.000 m lors d’un meeting en salle à Gand. Sa première course depuis plus d’un an et demi. Elle avait maintenu le secret pour éviter de se mettre trop de pression et de se bercer de douces illusions avant terme. A raison. La veille de la course, elle avait encore dû se rendre en urgence à l’hôpital. La faute à une mauvaise réaction au traitement médical, doublée de douleurs musculaires, qui lui avait fait craindre le pire. Une rapide analyse sanguine et quelques calmants plus tard, elle avait heureusement été rassurée par la Faculté.

Quand elle s’est présentée au départ de son épreuve, avec son dossard 1976 agrafé sur son maillot, Lindsey De Grande a mis quelques secondes à retrouver ses marques. « Mon temps de réaction au coup de pistolet du starter a ressemblé à celui d’un escargot en vacances ! », écrit-elle. Mais, une fois la course lancée, elle a pu imprimer son rythme, n’a pas connu de baisse de régime et, dans le dernier virage, s’est même permis de doubler quelques concurrentes attardées avant de couper la ligne en 2.48.45, un chrono qui ne veut pas dire grand-chose sur cette distance peu courue… sauf qu’il s’agit du meilleur de la saison pour une athlète belge.

« Cette course constitue un pas en avant, mais il faut que je la place dans un contexte beaucoup plus large qu’auparavant. J’essaie de me satisfaire des bons moments quand ils se présentent plutôt que de planifier longtemps à l’avance parce que je sais que la (ma) situation peut rapidement évoluer. »

La récupération est, pour elle, encore plus essentielle qu’auparavant. Ce lundi, victime de violentes migraines, Lindsey a volontairement refusé toute interview ou coup de fil pour ne pas solliciter son organisme… qu’elle doit encore, de surcroît, emmener jusqu’à l’obtention de son diplôme de kiné dans quelques mois !

Car l’athlète de Sijsele, en Flandre occidentale, qui a obtenu un contrat d’élite à la Ligue flamande – ce qui est à souligner -, est encore loin d’être guérie. Pour l’instant, elle gère au jour le jour sa double vie d’étudiante et de sportive sans trop savoir de quoi sera fait son lendemain ni comment son corps réagira aux traitements et/ou aux entraînements. Elle prend le meilleur et tente d’oublier au plus vite le moins bon. « Vivre dans le présent, plutôt que dans le passé ou l’avenir est difficile, mais beau et précieux quand on y arrive » , dit-elle.

A 23 ans, Lindsey De Grande vit de merveilleux et admirables espoirs.

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